Le SDTB peut ouvrir droit à l’AAH lorsque la MDPH reconnaît un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou entre 50 et 79 % si les douleurs et la perte de mobilité du bras empêchent durablement l’exercice d’un métier sollicitant le haut du corps. Le dossier doit s’appuyer sur un électromyogramme, une imagerie précise (IRM ou échographie Doppler) et un certificat médical détaillé décrivant le retentissement professionnel réel. La reconnaissance devient plus probable lorsque la kinésithérapie et les traitements conservateurs ont échoué, voire après une chirurgie qui n’a pas résolu les symptômes. En cas de refus jugé injustifié, un recours reste possible en complétant le dossier médical plutôt qu’en renonçant après un premier avis négatif.
Ce qu’il faut retenir
- 🏥 La pension d’invalidité Sécurité sociale : elle compense la perte de capacité de gain d’au moins 2/3 évaluée par le médecin conseil de la CPAM.
- 💼 La Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) : accordée par la MDPH, elle permet d’obtenir des aménagements de poste ou un reclassement.
- ⚠️ La reconnaissance en maladie professionnelle : le SDTB n’est pas dans un tableau automatique, il nécessite le passage devant un comité régional (CRRMP).
- 🩺 Le rôle clé du médecin traitant : un dossier médical bien étayé (EMG, écho-Doppler) est indispensable pour faire valoir vos droits.
Comment la Sécurité sociale évalue-t-elle l’invalidité liée au SDTB ?
Pour bénéficier d’une pension d’invalidité versée par l’Assurance Maladie, la condition de santé ne suffit pas : c’est l’impact fonctionnel de la pathologie sur la capacité de travail qui est mesuré par les instances médicales.
Le médecin conseil de la CPAM s’appuie sur le Code de la Sécurité sociale pour déterminer si votre état réduit au moins des deux tiers (66 %) votre capacité de travail ou de gain dans votre profession. En fonction de l’autonomie restante et de la possibilité de retravailler, le médecin conseil classe le demandeur dans l’une des trois catégories d’invalidité. La catégorie 1 concerne les assurés capables d’exercer une activité rémunérée adaptée, tandis que la catégorie 2 s’adresse aux personnes incapables d’exercer une profession quelconque. La catégorie 3 ajoute la nécessité d’avoir recours à une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne.

Tableau d’évaluation des dispositifs de compensation et de protection financière
Pour savoir vers quel organisme vous tourner en fonction de vos besoins de maintien à domicile ou de reclassement, il convient de distinguer les procédures disponibles.
Le tableau ci-dessous détaille les caractéristiques des principaux dispositifs administratifs :
| Dispositif ou prestation | Organisme instructeur du dossier | Objectif principal et compensation |
|---|---|---|
| Pension d’invalidité (Catégorie 1 ou 2) | Assurance Maladie (CPAM). | 🥇 Remplacement partiel du salaire perdu (30 % ou 50 % du salaire de référence). |
| RQTH et carte d’invalidité / inclusion | MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). | Aménagement de poste, aides à la reconversion, avantages fiscaux. |
| Reconnaissance en Maladie Professionnelle | Comité Régional (CRRMP) via la CPAM. | Prise en charge à 100 % des soins et versement d’une rente accident du travail. |
Pour monter ces dossiers administratifs, la présence d’examens complémentaires objectifs est indispensable. L’électromyogramme (EMG), l’écho-Doppler vasculaire dynamique et l’IRM cervicale doivent être accompagnés des comptes-rendus détaillés de votre chirurgien vasculaire ou neurologue décrivant les limitations fonctionnelles au niveau des membres supérieurs.
L’avis d’un médecin du travail
« Les gestes répétés au-dessus du niveau des épaules, le port de charges lourdes ou les postures statiques prolongées sont dramatiques pour un patient atteint du syndrome du défilé thoraco-brachial. Si l’aménagement du poste de travail devient impossible, nous demandons une visite de pré-reprise lors de l’arrêt maladie pour anticiper le reclassement ou prononcer une inaptitude médicale, ce qui ouvre l’accès à la pension d’invalidité de catégorie 1 ou 2. »
Le syndrome du défilé thoraco-brachial est-il reconnu en maladie professionnelle ?
C’est une question légitime pour les salariés exerçant des métiers manuels pénibles, mais la procédure comporte quelques subtilités juridiques.
Le syndrome du défilé thoraco-brachial n’apparaît pas de manière explicite dans les tableaux désignés des maladies professionnelles du régime général. Toutefois, cela ne signifie pas qu’une reconnaissance est impossible. Si la maladie est directement causée par votre travail habituel et entraîne une incapacité permanente partielle (IPP) d’au moins 25 %, votre dossier peut être transmis au Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP). Le comité évaluera le lien de causalité entre vos tâches quotidiennes (gestes répétitifs, vibrations) et l’apparition de la compression vasculo-nerveuse.

Quelles démarches effectuer auprès de la MDPH pour faire valoir vos droits ?
En parallèle des démarches auprès de la Sécurité sociale, l’ouverture d’un dossier auprès de la MDPH de votre département est fortement recommandée pour sécuriser votre parcours professionnel.
Le dépôt du formulaire Cerfa comprend un certificat médical détaillé rempli par votre médecin. L’obtention de la Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) permet à l’employeur de bénéficier d’aides financières de l’AGEFIPH pour financer des sièges ergonomiques, des supports de bras ou la modification de votre poste de travail. En cas d’impossibilité totale de retravailler, le dossier permet également de solliciter l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) si vos ressources respectent les plafonds légaux.
Comment se déroule la visite de pré-reprise en cours d’arrêt maladie ?
Si vous êtes en arrêt de travail prolongé en raison de douleurs intolérables du bras ou de l’épaule, n’attendez pas la fin de votre arrêt pour contacter la médecine du travail.
Vous pouvez demander une visite de pré-reprise à tout moment auprès du médecin du travail. Cet échange confidentiel permet d’évaluer les contraintes physiques de votre métier par rapport à vos capacités réelles. Si le médecin du travail constate que la reprise sur votre poste antérieur représente un danger pour votre santé, il travaillera en amont avec l’employeur sur un projet de reconversion interne ou préparera la décision d’inaptitude médicale pour vous éviter un échec de reprise douloureux.
Foire Aux Questions (FAQ)
❓ Peut-on cumuler la pension d’invalidité et un travail à temps partiel adapté ?
Oui. L’invalidité de catégorie 1 ou 2 n’interdit pas de travailler. Vous pouvez exercer une activité professionnelle adaptée à vos capacités physiques (par exemple un temps partiel thérapeutique ou un poste aménagé sans port de charge). Le montant cumulé de votre pension d’invalidité et de votre nouveau salaire ne doit pas dépasser le salaire médian que vous perceviez avant la survenue de la maladie.
⏱️ Combien de temps faut-il pour obtenir la réponse d’un dossier MDPH ?
Le délai moyen d’instruction d’un dossier par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) varie généralement de 4 à 6 mois selon les départements. Il est conseillé de transmettre un dossier extrêmement complet dès le départ avec des bilans récents de kinésithérapie pour éviter les demandes de pièces complémentaires qui rallongent les délais.
🌱 L’opération chirurgienne du défilé thoraco-brachial annule-t-elle la demande d’invalidité ?
Non. La chirurgie (résection de la première côte ou scalénotomie) est proposée en dernier recours. Si l’opération apporte un soulagement, la récupération nerveuse peut être incomplète et laisser persister des séquelles. L’invalidité est évaluée sur votre état de santé réel après stabilisation des lésions, que vous ayez été opéré ou non.









