Biologiste examinant un prélèvement de selles au microscope pour rechercher des parasites digestifs.

Blastose : définition et signification sur une prise de sang

La blastose désigne la présence de blastes, des cellules sanguines immatures normalement confinées à la moelle osseuse, détectées en quantité anormale dans le sang circulant ou dans la moelle lors d’un myélogramme. Chez une personne en bonne santé, ces cellules ne devraient pas se retrouver dans le sang ; leur détection impose donc toujours une investigation hématologique rapide, sans que cela signifie automatiquement un diagnostic de leucémie. Le diagnostic de leucémie aiguë repose sur un seuil précis, au moins 20% de blastes dans la moelle pour une leucémie myéloïde et 25% pour une leucémie lymphoblastique ; en dessous, d’autres causes comme un syndrome myélodysplasique ou une réaction transitoire à une infection peuvent expliquer leur présence. Si ce terme apparaît sur vos résultats, votre médecin ou un hématologue reste le mieux placé pour l’interpréter à la lumière de l’ensemble de votre bilan, ce constat isolé ne permettant en aucun cas un autodiagnostic.

Ce qu’il faut retenir

  1. 🔬 Une confusion courante avec la blastocystose : dans le langage courant, le terme désigne presque toujours l’infection intestinale à Blastocystis.
  2. 🦠 Un protozoaire très souvent inoffensif : ce micro-organisme colonise le côlon de millions de personnes sans provoquer le moindre symptôme (porteur sain).
  3. 🩺 Le traitement réservé aux formes symptomatiques : la prescription d’antibiotiques ou d’antiparasitaires ne s’impose qu’en présence de troubles digestifs documentés.
  4. 🩸 La distinction essentielle avec l’hématologie : une blastose sanguine (présence de blastes) est une anomalie des cellules du sang qui n’a aucun lien avec le parasite digestif.

Que désigne précisément le terme de blastose dans les comptes rendus d’analyses ?

Le terme n’étant pas une pathologie unique standardisée, son sens varie radicalement selon la nature du prélèvement biologique analysé par le biologiste médical.

Dans la très grande majorité des recherches effectuées par les patients, il s’agit d’un abus de langage pour désigner la blastocystose. Il s’agit de la présence du protozoaire unicellulaire Blastocystis hominis (ou Blastocystis sp.) dans les selles, identifié lors d’un examen parasitologique direct. Dans un contexte hématologique totalement différent (prise de sang ou myélogramme), le terme renvoie à une prolifération de blastes, c’est-à-dire des globules blancs immatures bloqués à un stade précoce de leur développement. Enfin, en infectiologie tropicale, il peut s’agir d’une blastomycose, une infection fongique rare provoquée par un champignon microscopique inhalé dans les sols humides d’Amérique du Nord.


Qu’est-ce que l’infection digestive à Blastocystis (blastocystose) et comment se manifeste-t-elle ?

Blastocystis est l’un des parasites intestinaux les plus répandus sur la surface du globe : il colonise le tube digestif de plus d’un milliard d’êtres humains.

Le tableau ci-dessous détaille les différentes présentations cliniques de la colonisation par ce protozoaire et la prise en charge médicale préconisée :

Tableau clinique observéSymptômes digestifs ou générauxConduite médicale habituelle
Portage asymptomatique (Cas le plus fréquent)Aucun symptôme. Découverte fortuite lors d’un bilan de coproculture de routine.🥇 Abstention thérapeutique totale. Le parasite fait partie de la flore digestive sans nuire à l’hôte.
Forme digestive symptomatiqueBallonnements douloureux, gaz abondants, selles liquides ou alternance diarrhée/constipation.Bilan complet pour éliminer une autre cause (SIBO, intolérance) avant traitement antiparasitaire ciblé.
Manifestations cutanées associéesPoussées d’urticaire chronique, démangeaisons cutanées rebelles sans allergie alimentaire trouvée.Éradication du parasite discutée avec un dermatologue pour apaiser l’hyperréactivité immunitaire.
Blastes sanguins en hématologie (Hors parasite)Anémie, pâleur, infections à répétition, saignements de nez ou de gencives inexpliqués.🔴 Consultation hématologique d’urgence pour exploration médullaire complète (myélogramme).

La communauté scientifique débat encore pour savoir si Blastocystis est un véritable pathogène agressif ou un simple indicateur d’un microbiote intestinal déséquilibré (dysbiose) chez les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

L’avis d’un médecin gastro-entérologue

« Trouver des kystes de Blastocystis dans les selles ne justifie pas de prescrire automatiquement des antibiotiques lourds. Si le patient n’a mal nulle part, on ne traite pas une feuille d’analyse. Administrer un traitement antiparasitaire agressif risque de détruire des bactéries bénéfiques du microbiote et de créer des troubles digestifs durables là où il n’y en avait aucun au départ. »

Flacon stérile de recueil de coproculture pour diagnostic parasitologique en laboratoire d'analyses médicales.

Comment contracte-t-on ce parasite intestinal et comment poser le diagnostic ?

La transmission du parasite s’opère par voie féco-orale, souvent lors de séjours dans des régions du monde où le réseau d’eau potable et l’hygiène sanitaire sont fragiles.

On contracte le micro-organisme en buvant de l’eau non traitée, en consommant des crudités ou des fruits lavés avec une eau souillée, ou par contact direct avec les mains sales d’une personne porteuse. Le diagnostic repose sur l’Examen Parasitologique des Selles (EPS). Comme l’élimination des kystes du parasite est intermittente, le médecin prescrit généralement un recueil de selles sur trois jours distincts à quelques jours d’intervalle. De nos jours, les laboratoires utilisent également des techniques d’amplification génique par PCR digestive, permettant d’identifier avec certitude le sous-type génétique (sous-types 1 à 9) du micro-organisme en cause.

Quels sont les traitements médicaux utilisés en cas d’infection avérée ?

Lorsque les examens ont éliminé les autres pistes (maladie cœliaque, maladie de Crohn, candidose) et que le patient souffre de diarrhées chroniques invalidantes, une prescription médicamenteuse peut être décidée par le médecin traitant.

La molécule de première intention est généralement le métronidazole (Flagyl), un antiparasitaire administré par voie orale pendant 7 à 10 jours. En cas d’intolérance digestive ou d’échec de ce traitement, d’autres molécules peuvent être proposées, comme le cotrimoxazole (Bactrim) ou l’albendazole. Parallèlement à ces traitements médicamenteux, une cure de probiotiques à base de levures (notamment Saccharomyces boulardii) est souvent associée pour restaurer l’intégrité de la barrière muqueuse et empêcher le micro-organisme de se réinstaller en surnombre dans le côlon.


Foire Aux Questions (FAQ)

🛡️ Peut-on vivre avec Blastocystis dans l’intestin sans aucun traitement ?

Oui, tout à fait. Des millions de personnes vivent en symbiose parfaite avec ce micro-organisme pendant des dizaines d’années sans aucune dégradation de leur santé. En l’absence de symptômes digestifs avérés, aucun traitement n’est nécessaire ni recommandé par les sociétés savantes.

🧼 Quelles mesures d’hygiène appliquer pour ne pas contaminer son entourage ?

Le lavage rigoureux des mains à l’eau tiède et au savon après chaque passage aux toilettes et avant de manipuler la nourriture est la mesure barrière essentielle. Veillez également à ne pas partager votre linge de toilette personnel avec les autres membres de la famille.

🩸 Quelle est la différence entre un blaste et un parasite digestif ?

Ce sont deux éléments sans aucun rapport biologique : un blaste en hématologie est une cellule sanguine immature fabriquée par la moelle osseuse humaine, tandis que le parasite Blastocystis est un micro-organisme vivant externe colonisant la lumière du tube digestif.

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