C’est une maladie silencieuse et grave, dont les symptômes sont souvent banalisés. « Je suis juste devenu maladroit », « j’ai des fourmis dans les mains », « je marche comme un robot ». Ces témoignages sont typiques de la myélopathie cervicarthrosique, une compression lente de la moelle épinière causée par l’arthrose cervicale. C’est une urgence chirurgicale différée : sans intervention, la paralysie est inévitable.
Les infos à retenir
- 🧠 Qu’est-ce que c’est ? C’est la compression de la moelle épinière dans le cou (rachis cervical), causée par l’arthrose (becs de perroquet, hernie discale…).
- 🚶♂️ Les symptômes d’alerte : Les témoignages rapportent des difficultés à la marche (démarche « ébrieuse »), une grande faiblesse dans les jambes, des fourmillements (paresthésies) dans les mains et une perte de dextérité fine (difficulté à boutonner une chemise, à écrire).
- 🚨 Une urgence chirurgicale : C’est une maladie évolutive et irréversible. Les lésions neurologiques ne se réparent pas. L’opération (une laminectomie ou une décompression) est la seule solution pour stopper l’aggravation.
- 👍 L’objectif de l’opération : stabiliser. Le but de la chirurgie n’est pas de « guérir » les symptômes existants, mais d’empêcher qu’ils n’empirent et d’éviter la paralysie.
Quels sont les premiers signes ? Les témoignages des patients
Le drame de la myélopathie est que ses premiers symptômes ne sont pas des douleurs au cou, mais des troubles neurologiques souvent attribués à la fatigue ou à l’âge.
Philippe, 68 ans, témoigne : « Pendant des mois, j’ai cru que je vieillissais mal. J’avais les mains engourdies en permanence, je lâchais des objets. Écrire ma signature devenait difficile. Mais le pire, c’était la marche. J’avais l’impression de marcher sur du coton, mes jambes étaient faibles et raides, comme si j’étais ivre. »
Ce témoignage est au cœur du diagnostic. La compression de la moelle épinière touche les nerfs qui vont vers les jambes (entraînant la raideur et les troubles de l’équilibre) et vers les mains (entraînant la perte de la motricité fine).
Comment la maladie est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic est souvent tardif. Le médecin, alerté par ces symptômes neurologiques, va tester les réflexes. Chez un patient atteint de myélopathie, les réflexes des jambes sont souvent anormalement vifs (signe de Babinski). L’examen de confirmation est l’IRM cervicale. C’est elle qui va montrer de manière irréfutable la compression : on y voit le « sac » qui contient la moelle épinière, écrasé par l’arthrose (un bec de perroquet) ou un disque durci. L’IRM peut même montrer un « hypersignal » dans la moelle, le signe qu’elle souffre.

La chirurgie est-elle la seule solution ?
Oui. Une fois le diagnostic de myélopathie cervicarthrosique confirmé, la chirurgie de décompression est la seule et unique solution. Les médicaments, la kinésithérapie ou les infiltrations ne peuvent pas lever la compression mécanique de la moelle. Ne pas opérer, c’est accepter une aggravation lente et inexorable vers la paralysie (tétraplégie).
L’opération (laminectomie, arthrodèse cervicale…) vise à « faire de la place » à la moelle épinière en retirant l’os ou le disque qui la comprime. Le but de l’opération, et c’est un point crucial que les chirurgiens répètent, n’est pas de récupérer les fonctions perdues, mais de stopper l’évolution de la maladie. La récupération est possible, mais elle est lente et partielle. On opère pour ne pas finir en fauteuil roulant.
L’avis du neurochirurgien
« La myélopathie est un diagnostic que l’on redoute de poser, car il implique une chirurgie lourde. Mais c’est une chirurgie nécessaire. Je dis à mes patients : ‘La moelle épinière, c’est comme le cerveau, les neurones qui sont morts ne repoussent pas’. Chaque mois d’attente, c’est une perte de chance en plus. L’objectif de l’opération n’est pas de vous faire remarcher comme à 20 ans, mais de vous permettre de continuer à marcher. C’est une chirurgie de stabilisation, pas de récupération miracle. »
Une maladie grave qui impose un diagnostic précoce
La myélopathie cervicarthrosique est une maladie insidieuse dont les symptômes sont souvent trompeurs. Des fourmillements dans les mains ou une démarche incertaine ne doivent jamais être pris à la légère chez un senior. C’est une urgence neurologique. Un diagnostic précoce suivi d’une intervention chirurgicale est la seule voie pour stopper la progression de cette maladie invalidante.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 Quels sont les témoignages sur la récupération après l’opération ?
Ils sont très variables. La plupart des patients témoignent d’une stabilisation de leur état, ce qui est le but. Certains rapportent une amélioration significative de la marche et une diminution des douleurs dans les mois qui suivent. Mais d’autres gardent des séquelles, notamment sur la motricité fine des mains.
🤕 L’opération du cou (rachis cervical) est-elle risquée ?
Oui, comme toute neurochirurgie. C’est une intervention lourde, réalisée par des chirurgiens très spécialisés. Les risques (infection, hématome, lésion nerveuse) sont faibles mais existent. Ils sont cependant bien inférieurs au risque de paralysie en l’absence d’opération.
➡️ La kinésithérapie est-elle utile après l’opération ?
Oui, elle est fondamentale. Une longue phase de rééducation post-opératoire est indispensable pour réapprendre à marcher, à retrouver l’équilibre et à renforcer les muscles du cou et des membres, afin de maximiser la récupération neurologique.









