Dossier médical complet posé sur un bureau, prêt pour une convocation à la CPAM.

Convocation chez le Médecin Conseil de la Sécu : comment éviter les pièges ?

Vous êtes en arrêt maladie (souvent depuis plus de 2 ou 3 mois) et vous recevez une convocation du « Service Médical » de l’Assurance Maladie. La panique s’installe : vont-ils me couper mes indemnités ? Vont-ils me forcer à reprendre ?
Le Médecin Conseil n’est pas là pour vous soigner, mais pour vérifier si votre arrêt est médicalement justifié au regard de la loi. Ce n’est pas un interrogatoire de police, mais un examen administratif qu’il faut préparer avec rigueur pour éviter les malentendus.

Les infos à retenir

  • 📁 Le piège N°1 : venir les mains vides. Le Médecin Conseil n’a pas accès à votre dossier hospitalier ni aux notes de votre médecin traitant. Vous devez apporter TOUS vos documents (comptes-rendus, IRM, ordonnances…).
  • 🎭 Le piège N°2 : l’exagération (ou la minimisation). Ne surjouez pas la douleur, le médecin le verra (incohérence clinique). Ne faites pas non plus le « brave » en disant que « ça va aller ». Décrivez factuellement vos difficultés quotidiennes.
  • 🩺 Son rôle : la capacité de travail. Il ne juge pas votre douleur, mais votre capacité à exercer un emploi (le vôtre ou un autre). Il évalue si votre état est « consolidé » (ne va plus évoluer).
  • ⚖️ La décision : Il peut valider l’arrêt, décider de la consolidation (fin des IJSS), proposer un mi-temps thérapeutique ou une mise en invalidité.

Pourquoi êtes-vous convoqué ?

La convocation est automatique au-delà d’une certaine durée d’arrêt (souvent 3 à 6 mois) pour faire le point. Elle peut aussi être déclenchée par une demande de votre médecin traitant (pour une ALD) ou de manière aléatoire.
Le but du Médecin Conseil (Mdl) est de répondre à une question légale : « L’état de santé de l’assuré justifie-t-il encore le versement d’indemnités journalières et l’arrêt de tout travail ? ». Il vérifie que l’arrêt n’est pas de « complaisance » et qu’il correspond à une incapacité réelle.

Le piège du « Dossier Vide »

C’est l’erreur fatale. Beaucoup de patients pensent que le Médecin Conseil « sait tout ». C’est faux. Les systèmes informatiques ne sont pas tous reliés. Il voit vos remboursements, mais il ne voit pas vos radios, ni les courriers de votre spécialiste.
Préparez un dossier « béton » :
– Apportez les originaux et copies de tous vos examens récents (IRM, Scanner, Biologie).
– Apportez les courriers de vos spécialistes (chirurgien, psychiatre…) qui attestent de votre état et de la nécessité de l’arrêt.
– Apportez vos dernières ordonnances.
Sans preuves matérielles, le Médecin Conseil ne peut se baser que sur son examen clinique instantané, qui peut être trompeur.


Le piège de l’attitude : ni comédien, ni héros

Le Médecin Conseil est un professionnel aguerri.
Ne surjouez pas : Arriver en boitant exagérément alors que l’examen clinique montre une bonne mobilité articulaire vous décrédibilisera immédiatement. Soyez honnête.
Ne minimisez pas : Par pudeur, on a tendance à dire « ça va un peu mieux ». Attention ! Si vous dites que ça va mieux, le médecin peut conclure que vous êtes apte à reprendre. Décrivez précisément ce que vous ne pouvez plus faire (porter des charges, rester assis 2h, vous concentrer…).
Distinguez le conflit du médical : Si vous êtes en arrêt pour un burn-out ou un harcèlement, ne passez pas l’entretien à critiquer votre chef. Concentrez-vous sur vos symptômes cliniques (insomnie, perte de poids, angoisse). Le Médecin Conseil évalue votre santé, il n’est pas juge aux Prud’hommes.

L’avis de l’assistante sociale de la CPAM

« La visite chez le Médecin Conseil est un moment charnière. Si le médecin décide que votre état est ‘consolidé’ (c’est-à-dire qu’il n’évoluera plus, ni en bien ni en mal), il coupe les indemnités journalières. C’est la douche froide. C’est pourquoi il faut arriver avec des courriers de médecins qui disent clairement : ‘L’état n’est pas stabilisé, des soins sont encore en cours’. C’est le seul moyen de maintenir l’arrêt ou de basculer vers une invalidité si la reprise est impossible. »


Une évaluation administrative à préparer comme un examen

La convocation n’est pas une sanction, c’est une étape administrative. Pour éviter le « piège » d’une décision défavorable par manque d’éléments, construisez votre dossier médical avec soin et adoptez une posture factuelle et sincère. Si vous n’êtes pas d’accord avec la décision, vous aurez des voies de recours (expertise médicale), mais il vaut mieux convaincre dès le premier rendez-vous.


Foire Aux Questions (FAQ)

🤝 Puis-je me faire accompagner ?

Non. L’examen médical est individuel et couvert par le secret médical. Vous entrez seul dans le cabinet. Si vous avez besoin d’aide pour vous déshabiller ou vous déplacer, une personne peut vous aider puis sortir, mais elle n’assistera pas à l’entretien.

❌ Puis-je refuser la convocation ?

Absolument pas. Refuser de se présenter (sans motif légitime et certificat médical d’impossibilité de déplacement) entraîne la suspension immédiate de vos indemnités journalières.

📉 Si le médecin me déclare apte, dois-je reprendre demain ?

Le Médecin Conseil fixe une date de reprise (souvent quelques jours après). Vous recevrez une notification par courrier. Vous devez alors reprendre le travail ou, si votre médecin traitant n’est pas d’accord, il peut faire un recours. Mais attention, l’avis du Médecin Conseil prime administrativement sur celui du médecin traitant pour le paiement des IJSS.

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