L’incontinence urinaire ou fécale est souvent perçue comme une fatalité liée à la vieillesse, mais c’est une pathologie complexe qui résulte de la défaillance de plusieurs systèmes corporels. Si personne ne souhaite volontairement devenir incontinent, comprendre comment cette perte de contrôle s’installe progressivement permet de mieux l’éviter ou d’en ralentir l’apparition. Loin d’être un événement soudain, l’incontinence est souvent le résultat de mauvaises habitudes de vie, de traumatismes physiques ou de maladies neurologiques qui érodent, jour après jour, la capacité du corps à se retenir.
Les infos à retenir
- 📉 L’usure musculaire : La cause mécanique la plus fréquente est l’affaiblissement du plancher pelvien (périnée) et du sphincter. Les grossesses, l’accouchement, mais aussi la constipation chronique et le port de charges lourdes détruisent ces fibres musculaires.
- 🧠 La déconnexion nerveuse : Pour être continent, le cerveau doit commander la vessie. Des maladies comme la sclérose en plaques, Parkinson, ou un diabète mal contrôlé (neuropathie) peuvent couper ce signal, rendant la vessie incontrôlable.
- 🚽 Les mauvaises habitudes : Se retenir trop longtemps régulièrement (distension de la vessie) ou, à l’inverse, aller aux toilettes « par précaution » (réduction de la capacité vésicale) sont des comportements qui programment le corps à l’incontinence.
- 🚬 Le tabac et le poids : L’obésité exerce une pression constante sur la vessie (hyperpression abdominale), et la toux chronique du fumeur force sur le périnée, accélérant les fuites.
Le mécanisme de l’incontinence d’effort : la faillite du verrou
C’est la forme la plus courante, notamment chez la femme. Pour comprendre comment on devient incontinent à l’effort, il faut imaginer la vessie comme un ballon fermé par un robinet (le sphincter) et soutenu par un hamac (le périnée).
Lorsque vous toussez ou courez, la pression dans le ventre écrase le ballon. Si le hamac est détendu (à cause des accouchements ou de la ménopause) et que le robinet est faible, la pression l’emporte sur la fermeture : la fuite survient. On ne « devient » pas incontinent du jour au lendemain, c’est l’aboutissement d’années de micro-traumatismes sur ces muscles de soutien qui n’ont jamais été rééduqués.
L’hyperactivité vésicale : quand la vessie prend le pouvoir
Une autre façon de devenir incontinent est le développement d’une « vessie hyperactive ». Ici, le problème n’est pas le verrou, mais le réservoir. Le muscle de la vessie (le détrusor) devient hypersensible. Il envoie au cerveau le signal « Vessie Pleine ! » alors qu’elle ne contient que quelques millilitres.
Ce trouble peut être provoqué par la consommation excessive d’irritants (café, thé, alcool, épices), par des infections urinaires à répétition qui ont abîmé la paroi vésicale, ou par le stress. À force de céder à ces envies urgentes, la vessie rétrécit fonctionnellement et l’incontinence par impériosité s’installe.

Les causes iatrogènes (liées aux soins)
Parfois, l’incontinence est la conséquence d’un traitement médical. Chez l’homme, la chirurgie de la prostate (prostatectomie pour cancer) est la cause majeure d’incontinence. En retirant la prostate, on peut endommager le sphincter urinaire situé juste en dessous. Bien que les techniques s’améliorent, une période d’incontinence transitoire ou définitive est un risque connu. De même, certains médicaments (diurétiques, relaxants musculaires, psychotropes) peuvent favoriser le relâchement sphinctérien ou la production excessive d’urine, précipitant la perte de contrôle chez les personnes âgées.
L’avertissement du kinésithérapeute
« Beaucoup de sportifs deviennent incontinents sans le savoir. La pratique intensive d’abdominaux hyper-pressifs (les ‘crunchs’ où l’on rapproche les épaules du bassin) pousse les organes vers le bas et massacre le périnée. Pour ne pas devenir incontinent à 40 ans, il faut apprendre à verrouiller le périnée avant chaque effort et privilégier le gainage. »
La prévention est la seule arme
On devient incontinent parce que l’équilibre fragile entre la vessie, les muscles et les nerfs est rompu. Si l’âge est un facteur aggravant, l’incontinence n’est pas inéluctable. Entretenir son périnée, traiter sa constipation et éviter le surpoids sont les meilleurs moyens de ne jamais avoir à poser cette question à son médecin.
Foire Aux Questions (FAQ)
🚫 Peut-on devenir incontinent en se retenant trop ?
Oui. Se retenir de manière excessive et chronique peut distendre le muscle de la vessie. À long terme, la vessie devient « claquée » (elle perd sa capacité à se contracter pour se vider), ce qui entraîne une incontinence par regorgement (la vessie déborde car elle ne se vide plus bien).
💧 Boire moins d’eau évite-t-il l’incontinence ?
C’est une fausse bonne idée très répandue. Si vous buvez moins, votre urine devient très concentrée et irritante pour la vessie, ce qui aggrave les envies pressantes (incontinence par impériosité). Il faut boire normalement (1,5 L) mais répartir les prises.
👵 Est-ce héréditaire ?
Il existe une part génétique, notamment dans la qualité des tissus conjonctifs (collagène). Si votre mère et votre grand-mère ont souffert de prolapsus ou d’incontinence jeune, vous avez un risque accru de faiblesse tissulaire, ce qui doit vous inciter à une prévention précoce.









