La promontofixation est l’intervention de référence pour traiter le prolapsus (descente d’organes). Elle consiste à fixer le vagin et l’utérus à un ligament solide situé devant le sacrum (le promontoire) à l’aide de bandelettes. Si l’opération vise à soulager la pesanteur pelvienne, certaines patientes se plaignent paradoxalement de l’apparition de nouvelles douleurs dans le bas du dos. Avoir des douleurs lombaires après une promontofixation peut être une simple suite post-opératoire liée à la position ou au gaz, mais cela nécessite une vigilance accrue car le site d’accroche chirurgical est situé directement sur la colonne vertébrale.
Les infos à retenir
- 🧘 La posture opératoire : Durant l’intervention, la patiente est installée jambes en l’air et tête en bas (Trendelenburg) pendant plusieurs heures. Cette posture anti-anatomique réveille souvent des douleurs lombaires bénignes pendant 1 à 3 semaines.
- 🎈 Le pneumopéritoine : Le gaz utilisé pour la cœlioscopie peut irriter le diaphragme et provoquer des douleurs projetées dans le dos et les épaules.
- ⚓ La tension ligamentaire : La prothèse tire légèrement sur le sacrum pour remonter les organes. Le corps doit s’habituer à cette nouvelle statique pelvienne, ce qui peut créer des tensions musculaires transitoires.
- 🚩 L’alerte rouge : La Spondylodiscite. Si la douleur lombaire est atroce, localisée précisément, insomniante et accompagnée de fièvre, c’est une urgence absolue (infection du disque vertébral).
Les douleurs bénignes : courbatures et adaptation
Dans la majorité des cas, le mal de dos post-opératoire est « mécanique » et musculaire. Imaginez que votre corps a été maintenu dans une position contrainte sous anesthésie générale, puis que vos organes internes ont été repositionnés. Votre centre de gravité change légèrement. Les muscles para-vertébraux et les fessiers peuvent se contracter pour compenser ce changement. Ces douleurs s’estompent généralement avec du repos, des antalgiques simples et une reprise douce de la marche. L’utilisation d’une bouillotte chaude sur les reins aide souvent à détendre ces contractures réflexes.
Le lien direct avec le Promontoire (Sacrum)
La particularité de cette opération est que le chirurgien vient agrafer ou suturer la bandelette sur le « ligament vertébral commun antérieur », juste devant le disque L5-S1. C’est une zone très innervée et sensible. Une inflammation locale (œdème) autour de cette zone de fixation est normale et peut irradier dans le bas du dos (barre lombaire) pendant la cicatrisation. Tant que la douleur reste gérable avec des médicaments et diminue de jour en jour, il n’y a pas lieu de s’alarmer.

La complication rare mais grave : la Spondylodiscite
C’est le risque spécifique de la promontofixation (environ 0,2% des cas). Il s’agit d’une infection bactérienne du disque vertébral ou de la vertèbre, introduite lors de la fixation de la bandelette.
Les symptômes ne trompent pas, mais arrivent souvent à retardement (2 semaines à 3 mois après l’opération) :
- Une douleur lombaire très intense, qui ne passe pas, même la nuit.
- Une raideur majeure de la colonne (impossible de se pencher ou de bouger).
- Souvent (mais pas toujours) de la fièvre ou des frissons.
Si vous présentez ce tableau clinique, ne laissez pas traîner en pensant à un lumbago. Contactez votre chirurgien pour une prise de sang (CRP) et une IRM en urgence. Prise à temps, elle se soigne par antibiotiques ; ignorée, elle peut détruire la vertèbre.
Le conseil du kinésithérapeute
« Après une promontofixation, ne restez pas alitée toute la journée, cela aggrave le mal de dos. Marchez un peu, plusieurs fois par jour. Et attention : ne portez aucune charge lourde pendant 1 mois. Si vous forcez sur vos vertèbres alors que la bandelette est en train de cicatriser sur le sacrum, vous risquez de déclencher une inflammation chronique. »
Écoutez votre douleur
Un mal de dos « type courbature » est normal après cette chirurgie. Un mal de dos « type coup de poignard » qui vous empêche de dormir ne l’est pas. En cas de doute, une simple prise de sang pour vérifier l’inflammation (CRP) permet d’écarter le risque infectieux.
Foire Aux Questions (FAQ)
🦴 L’ostéopathie est-elle indiquée ?
Oui, mais pas tout de suite. Attendez au moins 6 semaines (la fin de la cicatrisation profonde) avant de vous faire manipuler le bassin ou les lombaires. L’ostéopathe pourra ensuite aider à détendre les tensions viscérales liées aux cicatrices.
🚗 Quand puis-je reconduire ?
La conduite sollicite les lombaires et le bassin (freinage, embrayage). Il est conseillé d’attendre 2 à 3 semaines avant de reprendre le volant pour éviter de réveiller les douleurs dorsales.
💊 Quels anti-douleurs prendre ?
Le paracétamol est la base. Si cela ne suffit pas, le médecin peut prescrire des anti-inflammatoires (AINS) sur une courte période, mais attention, les anti-inflammatoires peuvent parfois ralentir la cicatrisation. Suivez strictement l’ordonnance de sortie.









