L’urologie est souvent perçue à tort comme une spécialité masculine (« le médecin de la prostate »). Pourtant, de nombreuses femmes sont amenées à consulter pour des infections urinaires à répétition, des fuites (incontinence), des calculs rénaux ou des douleurs pelviennes. L’appréhension est naturelle : va-t-on m’examiner ? Est-ce douloureux ? Dois-je avoir la vessie pleine ? Démystifier le déroulement de la première consultation chez l’urologue pour une femme est essentiel pour s’y rendre sereinement.
Les infos à retenir
- 🗣️ L’interrogatoire (Anamnèse) : C’est la partie la plus longue. Le médecin vous posera des questions précises sur vos habitudes urinaires, vos accouchements, votre transit et vos antécédents chirurgicaux.
- 🩺 L’examen clinique : Il est quasi systématique. Il ressemble à un examen gynécologique (sur une table avec étriers) pour vérifier la qualité des tissus vaginaux, tester la toux (recherche de fuite) et vérifier s’il y a une descente d’organes (prolapsus).
- 🚽 Venez la vessie pleine (mais pas trop) : Souvent, l’urologue vous demandera d’uriner dans des toilettes spéciales (débitmètre) pour mesurer la puissance de votre jet. Ne videz pas votre vessie dans la salle d’attente !
- 📄 Les documents : Apportez vos dernières analyses d’urines (ECBU), échographies, et idéalement un calendrier mictionnel (relevé de ce que vous buvez et urinez sur 2 jours).
Pourquoi consulter un urologue ?
Le médecin généraliste ou le gynécologue vous a orientée vers ce spécialiste. Les motifs fréquents chez la femme sont :
- L’incontinence urinaire : Fuites à l’effort (toux, sport) ou par impériosité (envie pressante incontrôlable).
- Les cystites récidivantes : Plus de 4 infections par an.
- Les douleurs : Brûlures en urinant, douleurs au bas ventre ou aux reins (colique néphrétique).
- Le prolapsus : Sensation de boule dans le vagin.
Le déroulement pas à pas
- La discussion : C’est le moment de briser la glace. Soyez franche, même sur les détails gênants (fuites pendant les rapports, port de protections). L’urologue a l’habitude.
- L’examen physique : Il est indolore. Le médecin examine l’abdomen (palpation des reins et de la vessie) et le périnée. Il peut demander de tousser pour voir si l’urine s’échappe. Il teste aussi la sensibilité de la zone.
- L’échographie : De nombreux urologues sont équipés d’un appareil d’échographie au cabinet. Ils peuvent regarder immédiatement l’état de la vessie et des reins, et mesurer s’il reste de l’urine dans la vessie après avoir uriné (résidu post-mictionnel).

L’examen spécifique : La débitmétrie
C’est souvent la surprise de la première visite. On vous demande d’aller uriner dans des toilettes qui ressemblent à un entonnoir relié à un ordinateur.
L’appareil trace une courbe de votre débit.
- Conseil : Essayez d’uriner naturellement, sans pousser. Si vous êtes trop stressée et que vous n’y arrivez pas, ce n’est pas grave, dites-le.
Le conseil de l’urologue
« N’ayez pas honte. L’incontinence touche des millions de femmes, même jeunes et sportives. Préparez votre rendez-vous en notant vos questions. Si vous avez peur de l’examen, dites-le d’emblée. Nous ne sommes pas là pour juger mais pour trouver des solutions mécaniques ou médicamenteuses. »
Une étape vers le confort
Cette première consultation n’est pas une épreuve, c’est le début de la solution. Qu’il s’agisse de rééducation périnéale, de médicaments ou d’une petite chirurgie, l’urologue dispose d’un arsenal efficace pour améliorer votre qualité de vie.
Foire Aux Questions (FAQ)
🩸 Peut-on y aller pendant les règles ?
Oui, cela ne gêne pas l’urologue pour l’examen clinique ni pour l’échographie. Cependant, si vous devez faire une analyse d’urine (bandelette) sur place, le sang peut fausser le résultat. Signalez-le simplement.
😨 L’examen est-il douloureux ?
Non. C’est un examen de palpation et d’observation. Contrairement au gynécologue, l’urologue utilise rarement le spéculum de manière systématique, sauf s’il doit vérifier le col de l’utérus ou un prolapsus profond.
📋 Faut-il une lettre du médecin traitant ?
Pour être bien remboursée par la Sécurité Sociale (parcours de soins coordonnés), il est préférable d’avoir un courrier de votre médecin généraliste ou gynécologue. Sinon, vous risquez un dépassement d’honoraires moins bien pris en charge.









