La névralgie pudendale est souvent décrite comme une douleur insupportable, une brûlure ou une décharge électrique située dans la zone intime, qui s’aggrave en position assise. Mais de nombreux patients constatent une corrélation troublante : les crises semblent se déclencher ou s’intensifier lors des périodes de forte anxiété. Existe-t-il un lien réel entre névralgie pudendale et stress ? La réponse est oui. Bien que le stress ne soit pas la cause anatomique initiale (souvent une compression mécanique), il agit comme un puissant amplificateur de douleur via le système nerveux et les tensions musculaires réflexes.
Les infos à retenir
- 🧠 Le cercle vicieux : La douleur chronique génère du stress, et le stress abaisse le seuil de tolérance à la douleur. Le cerveau devient hyper-sensible aux signaux du nerf.
- 💪 La contracture réflexe : En période de stress, le corps se crispe, notamment au niveau du plancher pelvien (périnée). Ces muscles tendus viennent comprimer davantage le nerf pudendal déjà irrité.
- 🔥 L’inflammation neurogène : Le stress chronique libère du cortisol et des molécules pro-inflammatoires qui peuvent entretenir l’inflammation autour du nerf.
- 🧘 La solution globale : Traiter uniquement le nerf (infiltrations) sans gérer le stress (sophrologie, TCC) conduit souvent à des échecs thérapeutiques.
Le mécanisme physiologique du stress sur le bassin
Lorsque nous sommes anxieux, notre corps adopte inconsciemment une posture de défense. Les épaules remontent, la mâchoire se serre, et surtout, les muscles fessiers et le périnée se contractent. Pour une personne saine, c’est indolore. Pour une personne souffrant de névralgie pudendale, cette tension musculaire est catastrophique. Le nerf pudendal, qui serpente entre les ligaments et les muscles (notamment l’obturateur interne et le piriforme), se retrouve pris en étau. Cette compression supplémentaire déclenche la crise douloureuse, validant l’idée que le stress est un facteur déclenchant majeur, même si la pathologie est physique.
La sensibilisation centrale : quand le cerveau sature
Au-delà de la mécanique, il y a la neurologie. La douleur chronique finit par « bugger » le système de traitement de la douleur dans le cerveau. C’est la sensibilisation centrale. Le stress et la peur d’avoir mal (« kinesiophobie ») maintiennent le système nerveux en état d’alerte maximale. Le moindre signal envoyé par le nerf pudendal est interprété par le cerveau comme une douleur intense. Calmer le système nerveux par la relaxation, la méditation ou la cohérence cardiaque est donc indispensable pour « baisser le volume » de la douleur ressentie.

Briser le cycle Douleur-Anxiété-Contracture
La prise en charge doit être pluridisciplinaire. Si vous ne traitez que l’aspect mécanique (ostéopathie, chirurgie) sans apprendre à relâcher votre stress, les muscles pelviens resteront tendus et la douleur persistera. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont particulièrement efficaces pour apprendre à gérer l’anxiété liée à la douleur chronique. Apprendre à « lâcher » le périnée par des exercices de respiration abdominale est souvent la première étape vers le soulagement.
L’avis du spécialiste de la douleur
« Dire ‘c’est le stress’ ne veut pas dire ‘c’est dans votre tête’. La douleur est bien réelle. Mais le stress est le carburant qui alimente l’incendie. On voit souvent des patients dont la douleur diminue de 50% simplement en traitant leur anxiété et en relâchant les tensions pelviennes chroniques. »
Une approche corps-esprit nécessaire
La névralgie pudendale ne se guérit pas uniquement avec des médicaments. Intégrer la gestion du stress dans votre protocole de soin n’est pas une option, c’est une nécessité pour espacer les crises et retrouver une qualité de vie.
Foire Aux Questions (FAQ)
💊 Les antidépresseurs sont-ils utiles ?
Oui, et pas seulement pour la dépression. Certains antidépresseurs (tricycliques ou duloxétine) sont prescrits à faible dose pour leur action directe sur les douleurs neuropathiques. Ils calment l’hyperexcitabilité du nerf.
🧘 Le yoga est-il recommandé ?
Oui, mais pas n’importe lequel. Le yoga doux ou le Yin Yoga, axés sur l’ouverture des hanches et la respiration, aident à détendre le bassin. Évitez le Pilates ou les exercices qui renforcent trop le périnée (Kegel) qui pourraient aggraver la compression.
⚡ Le stress peut-il déclencher la maladie ?
Le stress seul ne crée pas la névralgie (souvent due à un choc, un accouchement ou une pratique sportive intense), mais il peut être le facteur qui fait basculer une gêne latente en douleur chronique invalidante.









