Le métier de « conseillère en lactation » attire de nombreuses personnes passionnées par la périnatalité et l’allaitement. Mais un flou juridique entoure ce titre. Faut-il un diplôme d’État ? Peut-on s’installer sans formation spécifique ? La réponse est oui et non. Le terme « conseillère en lactation » n’est pas protégé, mais le titre de référence, lui, est une certification internationale très exigeante.
Les infos à retenir
- ❌ Un titre non protégé : Le terme « conseillère en lactation » n’est pas un titre protégé par la loi. N’importe qui peut, en théorie, s’auto-proclamer « conseillère en allaitement » et s’installer.
- ✅ La certification de référence : IBCLC. La seule certification reconnue mondialement et qui garantit un très haut niveau de compétence est la certification « IBCLC » (International Board Certified Lactation Consultant).
- 🩺 Des prérequis pour l’IBCLC : Pour se présenter à l’examen de l’IBCLC, il est nécessaire d’avoir des prérequis en santé (type sage-femme, médecin, puéricultrice…) ou, pour les non-soignants, de valider des modules de formation en anatomie, physiologie, etc.
- 👍 Les autres voies : Il est possible d’exercer en tant que bénévole pour des associations (ex: La Leche League) après une formation interne, ou d’obtenir un Diplôme Universitaire (DU) en allaitement, qui est une formation mais pas un titre protégé.
Quelles sont les différentes façons d’accompagner l’allaitement ?
Il est crucial de distinguer les différents niveaux d’intervention.
➡️ L’animatrice ou la marraine d’allaitement (bénévole)
C’est la porte d’entrée la plus accessible. Des associations comme La Leche League (LLL) ou Solidarilait forment des mères bénévoles, sur la base de leur propre expérience et d’une formation associative solide. Leur rôle est d’offrir un soutien de « mère à mère », d’animer des groupes de parole et de donner des informations de base. C’est une action militante et non une profession rémunérée.
➡️ La « conseillère en allaitement » (non certifiée)
C’est la zone grise. Le titre n’étant pas protégé, une personne peut suivre une formation courte de quelques jours ou semaines et s’installer en tant que « conseillère ». Si l’intention est bonne, le niveau de compétence est très variable et n’est validé par aucun organisme indépendant. Le risque est de donner des conseils inadaptés, voire dangereux.
➡️ La consultante en lactation certifiée IBCLC (la référence)
C’est le « gold standard » de la profession. L’IBCLC est une certification internationale, repassée tous les 5 ans, qui garantit que la consultante a suivi une formation très poussée (minimum 90h de formation spécifique) et a validé un nombre d’heures de pratique clinique (minimum 1000h pour les non-soignants) avant de passer un examen mondial très difficile. Elle est formée pour gérer des cas complexes (freins de langue, crevasses, faible prise de poids…).
Comment devenir IBCLC si l’on n’a pas de diplôme de santé ?
C’est le parcours le plus long, mais le plus valorisant si vous n’êtes pas médecin, sage-femme ou infirmière. Pour avoir le droit de vous présenter à l’examen de l’IBCLC, vous devrez valider 14 prérequis de santé (anatomie, physiologie, psychologie…) via des formations universitaires, ainsi que 1000 heures de pratique clinique spécifique en allaitement (par exemple, en tant que bénévole très active dans une association reconnue). C’est un parcours exigeant, qui prend plusieurs années et qui garantit la crédibilité de votre futur titre.
| Titre | Protection légale | Exigence de formation |
|---|---|---|
| Animatrice (Bénévole) | Non | Formation interne à l’association |
| Conseillère en lactation | Non (titre non protégé) | Aucune exigence (formations courtes possibles) |
| Consultante en lactation IBCLC | Certification mondiale protégée | Très élevée (prérequis santé + 1000h de pratique + examen) |
L’avis d’une consultante en lactation IBCLC
« La passion ne suffit pas. L’allaitement est un domaine médical et scientifique complexe. S’improviser ‘conseillère’ après une formation de 3 jours est dangereux. On peut faire rater un allaitement, mettre un bébé en danger. La certification IBCLC, c’est ce qui nous donne la légitimité de travailler avec les médecins, de poser un diagnostic sur une succion, de lire un bilan de santé. On ne peut pas devenir ‘conseillère en lactation’ sans diplôme, au sens où on ne peut pas devenir une professionnelle crédible sans la certification IBCLC. »
La certification, un gage de sérieux indispensable
S’il est légalement possible de s’installer « sans diplôme » sous le titre flou de « conseillère », c’est un très mauvais calcul qui dessert à la fois les mères et la profession. Pour être un professionnel de l’allaitement crédible, reconnu et efficace, la voie royale est la certification IBCLC. C’est un parcours exigeant, mais c’est le seul qui vous garantit d’avoir les compétences nécessaires pour un métier aussi technique et humain.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 Le Diplôme Universitaire (DU) en allaitement suffit-il pour s’installer ?
Le DU est une excellente formation théorique reconnue par l’Université, qui apporte beaucoup de connaissances. Il est souvent un prérequis pour les soignants qui veulent passer l’IBCLC. Seul, il n’a pas la reconnaissance clinique et internationale de l’IBCLC, mais il est un gage de sérieux bien supérieur à une simple formation courte.
💰 Combien gagne une consultante en lactation ?
Une consultante IBCLC en libéral facture sa consultation (souvent 1h30 à 2h) entre 60€ et 100€, non remboursée par la Sécurité Sociale (sauf si elle est par ailleurs sage-femme ou médecin). Les revenus sont donc très variables en fonction de l’activité.
⚖️ Quels sont les risques à exercer sans certification ?
Outre le manque de crédibilité, le risque principal est l’assurance. Si vous donnez un mauvais conseil qui entraîne un préjudice pour le bébé (une perte de poids, par exemple), et que vous n’avez pas d’assurance Responsabilité Civile Professionnelle (souvent difficile à obtenir sans certification), les conséquences peuvent être très lourdes.









