Rupture du tendon fléchisseur du gros orteil

Rupture du tendon fléchisseur du gros orteil : Diagnostic et Traitement

Le gros orteil (hallux) joue un rôle fondamental dans la propulsion, l’équilibre et la marche. Sa flexion est assurée par un tendon puissant : le Long Fléchisseur de l’Hallux (Flexor Hallucis Longus ou FHL). Moins connue que la rupture du tendon d’Achille, la rupture de ce tendon est pourtant une blessure handicapante, souvent rencontrée chez les danseurs, les footballeurs ou les coureurs de trail. Elle se manifeste par une incapacité soudaine à « griffer » le sol avec le gros orteil. Faut-il opérer ? Peut-on remarcher normalement ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette pathologie du pied.

Les infos à retenir

  • 🦶 Le rôle clé : Le tendon FHL permet de plier la dernière phalange du gros orteil. C’est lui qui donne l’impulsion finale lors de la marche ou du saut.
  • 💥 Le mécanisme : La rupture survient souvent lors d’une hyper-extension brutale (coup de pied dans le vide, réception de saut) ou par usure progressive (tendinopathie).
  • 🔍 Le symptôme : Le patient peut marcher à plat, mais ne peut plus plier le bout du gros orteil volontairement. La douleur se situe souvent sous la voûte plantaire ou derrière la cheville.
  • 🔪 Chirurgie : Elle est souvent nécessaire chez le sportif pour récupérer la force de propulsion. Chez le sédentaire, un traitement conservateur peut suffire mais avec une perte de force définitive.

Anatomie et Mécanisme lésionnel

Le tendon Long Fléchisseur de l’Hallux part du mollet, passe derrière la cheville (dans un tunnel osseux), file sous la voûte plantaire (le « nœud d’Henry ») et s’attache sous la dernière phalange du gros orteil.
La rupture peut se produire à différents niveaux (zones) :

  • Zone 1 : Sous l’orteil ou la plante du pied (le plus fréquent, souvent traumatique par coupure ou choc).
  • Zone 2 : Au niveau de la cheville (souvent par frottement chronique, fréquent chez les danseurs classiques).

Comment la reconnaître ?

Contrairement à l’Achille, la rupture du FHL ne fait pas toujours un bruit de « claquement » audible. La douleur est vive sur le coup, puis s’estompe.
Le signe clinique évident est le déficit de flexion active de l’interphalangienne distale : si on tient le pied du patient, il n’arrive pas à plier le bout de son orteil vers le bas.

Diagnostic et Imagerie

L’examen clinique suffit souvent à suspecter la rupture, mais l’imagerie est indispensable pour localiser les bouts du tendon (qui peuvent se rétracter loin dans le pied).

  • L’échographie : Examen de première intention, rapide et dynamique.
  • L’IRM : Le « Gold Standard ». Elle permet de voir l’état du tendon, la rétraction exacte (l’écart entre les deux morceaux) et l’état des autres structures du pied.
Schéma anatomique du pied montrant le trajet du long fléchisseur de l'hallux (FHL) sous la voûte plantaire

Traitement : Opération ou pas ?

La décision dépend du profil du patient et de la zone de rupture.

Le traitement chirurgical (Suture)

Pour les sportifs, les travailleurs manuels ou les jeunes actifs, la chirurgie est recommandée. Sans ce tendon, la phase de propulsion de la marche est altérée, ce qui peut créer des boiteries et des douleurs compensatoires aux genoux ou hanches à long terme.
Le chirurgien va récupérer les deux bouts du tendon et les suturer. Si le tendon est trop abîmé ou rétracté, il peut réaliser une ténodèse (greffer le bout du FHL sur le tendon du petit fléchisseur voisin) pour redonner une fonction motrice.
Convalescence : Botte de marche pendant 4 à 6 semaines, puis rééducation longue (3 à 6 mois) pour retrouver la souplesse.

Le traitement conservateur (Fonctionnel)

Chez les patients âgés ou sédentaires, ou si la rupture est très ancienne et non douloureuse, on peut choisir de ne pas opérer. Le gros orteil perdra sa flexion active distale, mais la marche reste possible (en « traînant » un peu le pas). Une semelle orthopédique rigide peut aider à stabiliser l’orteil pour éviter qu’il ne se torde.

L’avis de l’expert : Chirurgien Orthopédiste

« La rupture du FHL est souvent sous-diagnostiquée. Le patient pense s’être fait une entorse. C’est des semaines plus tard qu’il réalise qu’il n’a plus de force dans l’orteil. Attention, si on attend trop, le muscle se rétracte et se transforme en graisse (dégénérescence graisseuse). Après 3 mois, la réparation directe devient impossible. Il faut donc consulter vite en cas de doute après un traumatisme du pied. »

Rééducation et Reprise du sport

La rééducation est cruciale pour éviter les adhérences (le tendon cicatrise en collant aux tissus voisins). Le kinésithérapeute travaillera la mobilisation de l’orteil, le renforcement du mollet et la proprioception.

  • Marche normale : Possible vers 2 mois post-op.
  • Course à pied : Vers 4 à 5 mois.
  • Sports pivots/sauts : Vers 6 mois.

Foire Aux Questions (FAQ)

🦵 Peut-on marcher avec une rupture du fléchisseur ?

Oui, on peut marcher, mais la marche est « déroulée » différemment. On perd la phase de poussée finale. Cela fatigue plus vite et peut créer des douleurs sous l’avant-pied (métatarsalgies) car le poids se reporte sur les autres orteils.

👠 Pourrai-je remettre des talons ?

C’est difficile. Les talons hauts demandent une grosse stabilité et force du gros orteil. Après une rupture (opérée ou non), la raideur résiduelle rend souvent le port de talons hauts inconfortable ou instable.

🩰 Pourquoi les danseurs sont-ils touchés ?

Les danseurs classiques sollicitent ce tendon à l’extrême lors des pointes (« en relevé »). Le tendon frotte constamment contre l’arrière de l’os de la cheville (talus), créant une tendinite qui fragilise la corde jusqu’à la rupture.

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