Vous l’avez vu faire quelques pas seul, traverser le salon sous les applaudissements, et puis… plus rien. Depuis quelques jours ou semaines, votre enfant refuse catégoriquement de lâcher votre main ou les meubles. Il se remet à quatre pattes dès que vous essayez de le stimuler. Cette situation est déroutante pour les parents : bébé sait marcher mais ne veut pas. S’agit-il d’une régression, d’un traumatisme après une chute ou simplement de paresse ? Avant de s’inquiéter, il faut comprendre que l’acquisition de la marche n’est pas linéaire.
Les infos à retenir
- 🧱 L’acquisition n’est pas définitive : Un enfant peut « savoir » faire techniquement, mais ne pas se sentir prêt psychologiquement à l’utiliser comme mode de déplacement principal. Il alterne marche et quatre pattes.
- 😨 Le traumatisme de la chute : Une petite chute anodine pour vous (fesses par terre) peut avoir effrayé l’enfant. Il perd confiance et a besoin de reconstruire son sentiment de sécurité avant de se relancer.
- 🗣️ La concurrence des compétences : Si bébé est en train d’apprendre à parler ou perce des dents, il met la marche « en pause ». Le cerveau ne peut pas tout apprendre en même temps.
- ⛔ Ne forcez jamais : Le forcer à marcher s’il ne veut pas renforce son blocage et son insécurité. Laissez-le revenir à son rythme.
Le facteur psychologique : la peur du vide
Marcher, c’est se séparer. C’est quitter les bras des parents et la sécurité du sol pour s’aventurer seul dans l’espace.
Pour certains enfants prudents, cette autonomie est vertigineuse. S’il a fait quelques pas et s’arrête, c’est souvent qu’il a réalisé la prise de risque que cela impliquait. Il « sait » techniquement bouger ses jambes (la maturité motrice est là), mais il ne « veut » pas émotionnellement prendre ce risque pour l’instant. C’est un mécanisme de protection sain. Il a besoin de consolider sa base de sécurité (votre main, le canapé) avant de repartir.
La cause physique cachée
Parfois, le refus est dicté par une gêne.
- Une douleur : Une petite écharde, une chaussure trop petite, une otite (qui perturbe l’équilibre) ou une douleur virale aux hanches (rhume de hanche) peuvent stopper la marche. Si le refus est brutal et accompagné de pleurs quand on le met debout, consultez un pédiatre.
- La vision : Un enfant qui voit mal appréhende mal les distances et le relief, ce qui le rend très insécure pour se lancer sans appui. Un bilan ophtalmo peut être utile vers 12-15 mois si la marche stagne.

Comment débloquer la situation ?
L’objectif est de lui redonner confiance sans mettre la pression.
- Arrêtez les sollicitations : Ne lui dites plus « Allez, marche ! ». Ignorez la marche. Laissez-le se déplacer à quatre pattes s’il le souhaite. Moins vous focaliserez dessus, moins il sentira d’enjeu.
- Aménagez l’espace : Rapprochez les meubles pour qu’il puisse passer de l’un à l’autre en se tenant, réduisant la distance de « vide ».
- Le jeu de diversion : Tendez-lui un objet qu’il adore (clé, doudou) juste hors de portée quand il est debout, pour qu’il fasse un pas sans réfléchir. Souvent, il marche quand il oublie qu’il est en train de marcher.
L’avis du psychomotricien
« On parle de ‘stade de la marche autonome’ jusqu’à 18 mois, voire 20 mois. Si votre enfant a marché à 13 mois et s’arrête pendant 2 mois, ce n’est pas grave. Il est probablement en train d’exploser son vocabulaire ou sa motricité fine. Le développement de l’enfant fonctionne par paliers, pas par ligne droite. Tant qu’il continue de bouger et d’explorer (même à quatre pattes), tout va bien. »
La confiance avant la performance
Un bébé qui sait marcher mais refuse ne le fait jamais par caprice ou paresse. Il exprime un besoin de sécurité ou une gêne. Respectez son rythme, la marche reviendra naturellement quand il se sentira prêt à affronter le monde debout.
Foire Aux Questions (FAQ)
👟 Faut-il lui mettre des chaussures pour l’aider ?
Au contraire. À la maison, laissez-le pieds nus le plus possible. Le contact direct de la peau avec le sol informe son cerveau sur l’équilibre et la texture, ce qui le rassure. Les chaussures rigides peuvent le couper de ces sensations et augmenter sa maladresse.
🚑 Quand s’inquiéter d’une régression ?
Si la perte de la marche s’accompagne d’autres signes (perte de la parole, maladresse des mains, grande fatigue, fièvre), consultez rapidement. Mais si l’enfant est joyeux, tonique et évolue bien dans les autres domaines, c’est une pause normale.
🚶 Le trotteur (Youpala) peut-il aider ?
Non, il est déconseillé par les spécialistes. Il donne une fausse sensation d’équilibre et muscle les jambes dans une mauvaise position (sur la pointe des pieds). Il retarde souvent l’acquisition de la marche autonome réelle.









