Coureur consultant sa montre avant le départ et tenant une boîte de paracétamol, illustrant l'automédication sportive

Prendre un doliprane 1000 avant la course à pied : bonne ou mauvaise idée ?

Dans les sas de départ des marathons ou des trails, une pratique silencieuse mais répandue consiste à avaler un comprimé de paracétamol (Doliprane, Efferalgan) à titre préventif. L’objectif du coureur est simple : anticiper les douleurs musculaires, retarder la sensation de fatigue ou masquer une petite blessure existante pour « tenir » la distance. Pourtant, prendre un Doliprane 1000 avant la course à pied est un geste médicalement déconseillé, voire dangereux pour votre organisme soumis à un effort intense. Loin d’améliorer la performance, cette automédication de confort expose vos reins et votre foie à des risques inutiles.

Les infos à retenir

  • 🚫 Danger rénal : L’effort intense réduit l’afflux sanguin vers les reins. Ajouter un médicament à élimination rénale ou hépatique dans ce contexte augmente le risque de toxicité.
  • 🩹 Effet masque : Le paracétamol coupe le signal de la douleur. Vous risquez d’aggraver une lésion (tendinite, fracture de fatigue) en courant dessus sans la sentir.
  • 🌡️ Thermorégulation : Ce médicament est un antipyrétique (baisse la fièvre). Il peut perturber la régulation naturelle de la température corporelle à l’effort.
  • Pas de performance : Aucune étude ne prouve que le paracétamol améliore l’endurance ou la vitesse. C’est un effet placebo risqué.

Le risque physiologique : Reins et Foie en souffrance

Lorsque vous courez, votre corps redistribue le sang vers les muscles et le cœur, au détriment des organes digestifs et rénaux.
Le rein est donc moins irrigué pendant un marathon. Si vous prenez du paracétamol (surtout dosé à 1000 mg), le métabolisme du médicament va demander un travail supplémentaire à un organe déjà en « mode économie ».
Si l’on ajoute à cela la déshydratation inhérente à la course, la concentration du médicament dans le sang augmente, frôlant plus vite le seuil de toxicité hépatique ou rénale. Des cas d’insuffisance rénale aiguë ont été observés chez des ultra-traileurs cumulant déshydratation et prise d’antalgiques.

Le piège de la douleur masquée (effet « Cache-misère »)

La douleur est un signal d’alarme du cerveau : « Stop, tu es en train de casser quelque chose ».
En prenant un antalgique préventif, vous coupez l’alarme, mais pas le feu.
Si vous avez une petite gêne au tendon d’Achille ou au genou, le Doliprane va vous permettre de courir sans boiter au début. Résultat : vous allez forcer sur une structure fragile. À l’arrivée, une simple inflammation pourra s’être transformée en rupture partielle ou en fracture de fatigue grave, car vous n’aurez pas senti les limites de votre corps pendant l’épreuve.


Troubles digestifs et performance

Le paracétamol est généralement bien toléré, mais à l’effort, l’estomac est capricieux. La prise d’un comprimé peut entraîner des aigreurs, des nausées ou des douleurs gastriques qui vont, paradoxalement, gâcher votre course bien plus surement qu’une petite courbature.
De plus, contrairement à la caféine, le paracétamol n’a aucun effet ergogénique prouvé. Il ne vous fera pas courir plus vite et ne reculera pas le « mur » du marathon.

L’avis de l’expert : Médecin du sport

« L’automédication avant course est un fléau. Je vois des sportifs prendre des cocktails d’anti-inflammatoires (AINS) et de paracétamol. C’est dangereux. Les AINS (Ibuprofène) sont encore pires car ils sont toxiques pour les reins en cas de déshydratation. Si vous avez besoin d’un médicament pour prendre le départ, c’est que vous ne devriez pas prendre le départ. Écoutez votre corps, ne le bâillonnez pas chimiquement. »

Que faire en cas de douleur pendant la course ?

Si une douleur survient pendant l’épreuve, la stratégie est différente. Il faut ralentir ou marcher. Si la douleur est insupportable, l’abandon est la décision sage.
Si vous devez absolument prendre quelque chose après l’arrivée pour des courbatures intenses, hydratez-vous d’abord massivement, mangez, et attendez que votre corps revienne au calme avant de prendre un antalgique, en respectant strictement les doses.


Foire Aux Questions (FAQ)

💊 L’aspirine est-elle meilleure ?

Non, surtout pas. L’aspirine fluidifie le sang. En cas de chute ou de micro-chocs répétés (hémolyse), cela augmente les risques de saignements. De plus, elle perturbe aussi la fonction rénale à l’effort.

🛑 Est-ce considéré comme du dopage ?

Non, le paracétamol ne figure pas sur la liste des produits interdits par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA). C’est une pratique autorisée, mais médicalement déconseillée pour la santé de l’athlète.

🤕 Et pour une douleur dentaire ou maux de tête ?

Si vous avez un mal de tête avant de partir courir, préférez le paracétamol à l’ibuprofène, mais assurez-vous d’être parfaitement hydraté. Si la douleur nécessite 1000 mg, posez-vous la question de l’intensité de votre séance.

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