Si Citrafleet semble n’avoir aucun effet, ne reprenez pas de sachet de votre propre chef : l’effet attendu est une succession de selles de plus en plus liquides, généralement quelques heures après la prise, et il dépend beaucoup de l’hydratation. La notice recommande de boire environ 250 ml par heure (boissons claires, bouillon, thé, jus ou eau) jusqu’à la fin de l’effet. Vérifiez d’abord votre feuille de préparation : heure des sachets, boissons, alimentation pauvre en résidus la veille. Si rien ne se produit au bout de plusieurs heures, appelez sans attendre le service d’endoscopie ou votre médecin, car une préparation incomplète peut obliger à reporter l’examen.
Infos à retenir
- ⏱️ Un délai de démarrage variable de 1 à 5 heures : l’effet laxatif n’est pas immédiat et dépend de la vitesse de vidange de l’estomac.
- 💧 Le manque de liquide comme cause n° 1 du blocage : sans un grand apport d’eau claire, le citrate de magnésium ne peut pas faire son travail d’appel d’eau.
- 🚶 La marche active pour relancer le transit : faire quelques pas dans son logement et masser doucement son abdomen stimule les contractions.
- 📞 Ne jamais doubler les doses sans accord : contacter le service d’endoscopie si le côlon reste silencieux après le second sachet.
Pourquoi le Citrafleet met-il parfois des heures à agir ?
Le mode de fonctionnement de cette préparation intestinale explique ce décalage d’action qui surprend beaucoup de patients :
Le Citrafleet n’est pas une simple purge liquide de gros volume qui pousse mécaniquement les selles par submersion. C’est un médicament combiné :
D’un côté, le picosulfate de sodium est une molécule qui doit d’abord descendre tout le long du tube digestif pour atteindre le côlon, où elle est transformée par les bactéries de votre flore intestinale en son métabolite actif. Cette molécule active stimule directement les terminaisons nerveuses de la paroi du gros intestin pour accélérer les contractions musculaires. Ce processus biochimique prend naturellement entre deux et quatre heures.
D’un autre côté, le citrate de magnésium agit comme une éponge osmotique géante : il retient les liquides dans l’intestin pour transformer les matières fécales en une diarrhée aqueuse limpide. Mais pour que cette éponge fonctionne, elle a besoin que vous lui apportiez de l’eau par le haut. Si vous ne buvez pas assez de liquides clairs après avoir avalé le sachet, le magnésium ne trouve pas d’eau à mobiliser : l’intestin se dessèche, le médicament reste bloqué et la vidange ne démarre pas.

Le conseil d’une infirmière de salle de réveil en endoscopie
« En salle d’admission, le patient qui nous dit que le Citrafleet n’a rien fait est presque toujours quelqu’un qui a bu son sachet avec seulement un demi-litre d’eau parce qu’il n’avait pas soif. Le Citrafleet est une poudre concentrée : c’est l’eau que vous buvez après qui lave le côlon ! Buvez deux grands verres d’eau ou de tisane tiède toutes les vingt minutes, marchez dans votre salon, et vous verrez que la tuyauterie va se réveiller d’un coup. »
Les 3 actions indispensables pour déclencher l’effet laxatif sans attendre
Si après trois heures d’attente votre transit ne montre aucun signe d’activité, appliquez immédiatement ce protocole d’atelier digestif :
- Buvez un demi-litre de liquide clair supplémentaire par petites gorgées régulières : choisissez de l’eau plate tiède, un bouillon de volaille dégraissé et filtré ou un thé très clair légèrement sucré pour créer l’appel d’eau osmotique indispensable.
- Levez-vous et marchez activement dans votre maison ou votre appartement pendant quinze à vingt minutes : la gravité terrestre et le mouvement des muscles abdominaux favorisent la progression du bol alimentaire vers le côlon gauche.
- Pratiquez de légers automassages circulaires du ventre dans le sens des aiguilles d’une montre (en partant de la fosse iliaque droite en bas vers les côtes, puis en traversant sous l’estomac pour redescendre à gauche).
Cette stimulation mécanique combinée à la réhydratation suffit à provoquer le premier déclic évacuateur dans plus de 80 % des démarrages lents.

Évolution visuelle des selles : le tableau de préparation colique avant l’examen
Pour juger de l’efficacité réelle de votre purge à l’approche du départ vers la clinique, vérifiez l’aspect du fond de la cuvette :
| Aspect visuel du liquide évacué | Niveau de propreté des parois du côlon | Verdict pour la réalisation de la coloscopie |
|---|---|---|
| Selles marron épaisses ou pâteuses | Le médicament n’a pas encore commencé son travail de rinçage profond. | Préparation insuffisante : risque d’annulation de l’acte si cela ne change pas avant l’examen. |
| Liquide marron foncé avec morceaux solides résiduels | La vidange a débuté mais des dépôts fécaux masquent encore les replis de la muqueuse. | Préparation en cours : nécessite impérativement le second sachet pour lessiver la lumière intestinale. |
| Liquide trouble jaunâtre sans aucun morceau | Bonne progression : les résidus fécaux ont disparu, seuls subsistent les pigments biliaires. | En bonne voie : continuer à s’hydrater selon l’horaire prescrit pour éclaircir le liquide. |
| Liquide limpide, jaune clair transparent (comme de l’urine claire) | Propreté optimale de l’échelle de Boston (Score 9/9) : aucun obstacle visuel. | Préparation parfaite : la caméra détectera le moindre polype millimétrique sans difficulté. |
L’objectif médical est d’atteindre ce liquide jaune clair translucide sans débris solides au moins deux heures avant l’admission en salle d’endoscopie.
Que faire si le second sachet n’agit toujours pas au petit matin ?
Si la nuit s’est achevée sans la moindre selle et que le second sachet reste totalement inefficace à l’aube :
Ne prenez pas d’initiative hasardeuse en avalant d’autres laxatifs en comprimés ou en réalisant des lavements rectaux sans consigne médicale. Respectez impérativement le jeûne strict (ne plus rien boire ni manger) deux heures avant l’heure fixée pour votre anesthésie générale : avoir de l’eau dans l’estomac lors de l’endormissement expose au risque mortel de passage du liquide dans les poumons (syndrome de Mendelson).
Présentez-vous à l’heure convenue à la clinique et signalez immédiatement à l’infirmière d’accueil et à l’anesthésiste que la purge n’a pas fonctionné. Dans certains cas, l’équipe soignante peut vous administrer un lavement évacuateur par voie basse (Normacol) sur place ou décider de reporter l’intervention à une date ultérieure avec un protocole de préparation plus puissant à base de PEG volumétrique (Klean-Prep ou Moviprep).
Foire Aux Questions (FAQ)
🤢 Que faire si le Citrafleet me donne de fortes nausées ?
Buvez la solution très fraîche en utilisant une paille pour éviter les papilles de la langue, et marquez une pause de vingt minutes entre chaque grand verre de liquide ; si besoin, sucez un bonbon dur à la menthe clair ou au citron pour chasser le goût sans avaler de morceaux.
☕ Le café noir sans lait est-il autorisé pour aider à relancer le transit ?
Oui, une tasse de café noir ou de thé sans lait et sans édulcorant rouge est tolérée lors de la phase de préparation la veille : la caféine stimule naturellement le péristaltisme colique ; veillez simplement à arrêter toute boisson au moins deux heures avant l’heure de l’anesthésie.
⚠️ Pourquoi une mauvaise préparation intestinale est-elle dangereuse ?
Si des matières fécales restent collées aux parois, le gastro-entérologue ne peut pas inspecter la muqueuse : il risque de passer à côté d’un polype cancéreux ou précancéreux dissimulé sous les selles, ce qui impose de refaire l’examen et l’anesthésie quelques semaines plus tard.









