Face à la recrudescence des problèmes de santé mentale, des allergies (PAI) ou des accidents de cour de récréation, les parents s’inquiètent souvent de l’absence de personnel de santé permanent dans l’école de leur enfant. La question de l’obligation d’infirmière scolaire est complexe car la loi française distingue la mission de santé scolaire (obligatoire) de la présence physique permanente d’une infirmière dans chaque bâtiment (qui n’est pas systématique). Comprendre cette nuance permet de mieux appréhender la prise en charge médicale des élèves du primaire au lycée.
Les infos à retenir
- 🏫 Secondaire (Collège/Lycée) : La présence est la norme, mais pas toujours à temps plein. Les lycées avec internat ont obligation d’avoir une infirmière (parfois logée). Les collèges se partagent souvent une infirmière sur plusieurs établissements.
- a,b,c Primaire (Maternelle/Élémentaire) : Il n’y a aucune obligation d’avoir une infirmière à demeure. Ces écoles dépendent d’une « infirmière de secteur » qui gère 3, 4 voire 5 écoles et se déplace sur demande ou pour les bilans obligatoires.
- 📄 La mission légale : L’État a l’obligation d’assurer la promotion de la santé (Code de l’éducation), le suivi des élèves (visite des 6 ans) et l’intégration des enfants malades (PAI), mais cela se fait souvent via des visites ponctuelles.
- 🆘 L’urgence : En l’absence d’infirmière, c’est le personnel éducatif (formé au PSC1) qui gère les premiers secours et appelle le 15.
La pénurie et la réalité de terrain
Bien que les textes (circulaire de 2015 relative aux missions des infirmiers de l’éducation nationale) définissent un rôle clé pour la santé à l’école, la réalité est celle d’une pénurie. L’Éducation Nationale ne dispose pas d’assez de postes pour placer un professionnel de santé dans chaque établissement. La priorité est donnée aux établissements « sensibles » (REP/REP+), aux grands lycées et aux internats. Dans le premier degré (maternelle et primaire), l’infirmière est une ressource « de secteur ». Elle est basée dans un collège de rattachement et rayonne sur les écoles alentour. Elle n’est donc pas là pour soigner les « bobos » de la récréation, mais pour effectuer les dépistages obligatoires (vue, audition à 6 ans) et gérer les dossiers médicaux complexes (handicap, maladies chroniques). Dans certains cas, elle peut aussi conseiller sur l’utilisation d’un médicament de confort.
Le rôle crucial du PAI (Projet d’Accueil Individualisé)
Si votre enfant souffre d’une maladie chronique (asthme, allergie alimentaire, diabète), l’absence d’infirmière ne doit pas empêcher sa scolarisation. C’est le but du PAI.
C’est un document écrit, signé par le médecin scolaire (qui couvre tout un district), les parents et le directeur. Il autorise les enseignants ou le personnel périscolaire à administrer des traitements d’urgence (Ventoline, stylo d’adrénaline) en l’absence d’infirmière. C’est ce protocole qui remplace l’obligation de présence médicale.

Que faire en cas de problème sans infirmière ?
Les parents sont souvent démunis quand l’école appelle pour dire « il a de la fièvre, venez le chercher » ou « il est tombé ». En l’absence de personnel de santé :
- L’école ne donne pas de médicaments (pas de Doliprane), sauf PAI spécifique.
- L’école appelle les pompiers (18) ou le SAMU (15) en cas de blessure grave ou de malaise, sans attendre l’arrivée des parents.
- L’écoute psychologique : C’est souvent le manque le plus criant. Les infirmières scolaires sont la porte d’entrée pour le mal-être adolescent. Sans elles, ce rôle retombe sur les CPE ou les enseignants.
L’avis du syndicat des infirmières (SNIES)
« Nous réclamons depuis des années ‘une infirmière par établissement’, mais nous sommes loin du compte. Aujourd’hui, une infirmière gère en moyenne 1500 élèves. Les parents doivent savoir que dans le primaire, l’enseignant est souvent seul face aux problèmes de santé, ce qui est une source de stress et de responsabilité énorme pour eux. »
Un droit à la santé, pas au soignant permanent
En résumé, l’obligation porte sur le suivi de la santé (visites médicales, adaptation scolaire) mais pas sur la permanence de soins. C’est un système sous tension où la gestion de l’urgence repose souvent sur la communauté éducative et les services de secours extérieurs.
Foire Aux Questions (FAQ)
💊 La maîtresse a-t-elle le droit de donner un médicament ?
Non, c’est interdit de donner un médicament de confort (type paracétamol) sans ordonnance et sans protocole. En revanche, dans le cadre d’un PAI (maladie chronique) ou d’un PAI ponctuel avec ordonnance, elle est autorisée à donner le traitement nécessaire.
🔍 La visite médicale est-elle obligatoire ?
Oui, la visite médicale de la 6ème année (grande section ou CP) est une obligation légale de dépistage. Si elle n’est pas faite par l’infirmière ou le médecin scolaire (faute de personnel), les parents peuvent être invités à la faire chez leur médecin traitant.
🩹 Qui soigne les bobos en primaire ?
Ce sont les enseignants, les ATSEM (en maternelle) ou les surveillants. Ils ont une trousse de secours basique (pansements, désinfectant, glace) et ont souvent le diplôme de premiers secours (PSC1), mais ils ne font pas de diagnostic.









